L'analyse de faisabilité d'un projet à financer

 

 

Pour la banque il existe 3 niveaux de risque

les bons,  les mauvais et les intermédiaires

Une demande de financement à caractère professionnel fait généralement l'objet d'une étude approfondie concernant le dirigeant, le secteur d'activité et le projet en lui-même. 

Si la confiance en son client est bonne, le banquier se préoccupera alors de l'intérêt économique du projet (faisabilité), avant de s'intéresser à la comptabilité. 

Les banques généralistes parviendront à un meilleur "trade-off" risque / rentabilité que les autres banques (banques d'affaires ou banques spécialisées par secteurs d'activité économique) du fait de la proximité entre la banque et la qualité de la surveillance de la clientèle. Mais aussi parce que ces banques locales disposent d'informations plus diversifiées.

Les usages et critères pour limiter le montant des sommes prêtées varient peu d'une banque à une autre, ils ont essentiellement pour objet de protéger la banque contre le danger de non-remboursement.

Mais l'application des principes, devoirs et obligations bancaires varie selon les banques

 

Face à un nouveau projet

Le problème se situe d'une part au niveau de l'environnement concurrentiel qui fixe la rentabilité de la branche d'activité et d'autre part des options stratégiques du projet.

Environnement concurrentiel et rentabilité de la branche d'activité

- cycle de vie de l'industrie (activité nouvelle, en croissance, maturité, déclin, industrie globales) - système concurrentiel (domination, activité marginale, position critique (maintien), retournement,
- Approche effet de volume / effet de différentiation 

Option stratégique du projet :
(Spécialisation, intégration verticale, diversification, innovation, alliance ou coopération, acquisition, retrait). 

A chacune de ces options, qui ne sont pas exclusives, correspondent des politique de direction biens définies permettant leur mise en œuvre dont il convient de vérifier l'adéquation des moyens par rapport aux objectifs

Pour en savoir plus voir : la stratégie de positionnement concurrentiel

La faisabilité économique et financière du projet

Le besoin de financement s'étudie à partir des prévisionnels, du business plan dont la banque recherche la cohérence.  

Mais elle ne peut ignorer la situation de l'entreprise. Voir l'analyse financière de la situation de l'entreprise

De son côté, la Banque de développement des PME est l'instrument privilégié du soutien apporté par l'État officiellement pour les petites et moyennes entreprises, mais en réalité au profit des banques.

Créée en 1997 par le rapprochement de la CEPME et de la SOFARIS, la BDPME est ainsi détenue par l'État, la Caisse des dépôts et consignations  et les Banques Populaires. Elle propose quatre produits destinés aux différentes étapes de développement des PME apportant des garanties aux autres banques.

 

Pour un nouvel investissement

En cassation(Cass. 12 octobre 1990), les diligences a mener ont été examinées en matière d'investissement citons la recherche d'informations sur :
- l'environnement du projet,
- le contexte économique dans lequel le projet doit être développé,
- la concurrence,
-
le projet (santé financière et possibilités de l'emprunteur, conséquences financières du développement du projet, capacités de remboursement, évolution des fonds propres).  

Concernant une activité en impasse concurrentielle caractérisé par une surcapacité de l'offre, elle se trouve soumise à une rude concurrence et à une baisse des prix pour préserver ses parts de marché. 
Sauf à accroître la productivité, généralement par des investissements financièrement lourds, les possibilités de développement sont réduites, car il s'agit essentiellement de prendre des parts de marchés à la concurrence par des prix attractifs en supportant parfois un "surcoût" commercial pour démarrer de nouveaux clients ; équation délicate et caractéristique de la problématique des activités traditionnelles en perte de vitesse.
Voir : Le retournement ou comment améliorer la profitabilité des entreprises sous performantes

 

Pour une entreprise nouvelle

Le capital est souvent réduit au minimum légal sans appréhender le réel besoin en fonds de roulement. Aussi, convient-il de régler d"abord ce problème de fonds propres (les banques disposent généralement de filiales ou sociétés sœurs de capital risque).  

Les difficultés structurelles au démarrage de l'entreprise résultent souvent d'un manque de fonds propres. Statistiquement une entreprise sur deux disparaît avant les 5 ans. Un dossier de création demande à la banque beaucoup de temps et d'analyse pour son étude. .

La banque doit renforcer ses diligences et son discernement.

 

Pour l'innovation et / ou la diversification

Cette démarche stratégique vise généralement à assurer une amélioration de la rentabilité et une répartition du risque marché. Il n'est pas toujours facile, pour une PME, de répondre seule à des impératifs d’innovation. 

Une innovation ou diversification doit présenter d'importantes synergies avec les compétences et activités de l'entreprise. 

Face à un problème d'innovation ou de diversification, deux questions doivent toujours être posées :
- d'une part : "Quelle est la plus faible diversification dont l'entreprise a besoin ?
- d'autre part, qu'elle est la plus forte diversification que l'entreprise peut supporter du fait de la complexité additionnelle créée ?".

Pour une nouvelle activité qui ne présente pas de synergies avec la vocation historique, ni avec les compétences du personnel et parfois même du dirigeant, ce type de diversification dite "conglomerate" ne peut présenter qu'une synergie financière. Or l'entreprise ne possède pas forcément la structure financière adaptée.

Les fondements des budgets de développements ne semblent généralement pas respectés surtout dans les PME et ainsi porteurs d'échecs du programme entraînant la disparition de l'entreprise.  

En recherche-développement, on admet généralement un coût du prototype de 300 à 700 % du prix d'objectif dont 50% de frais d'études et de mise au point .

Pour des fabrications en grande série, il faut investir des montants considérables pour sortir des fabrications à des prix de revient compétitifs. Les "bénéfices" de la courbe d'expérience demanderont plusieurs années.

La plus extrême vigilance s'impose.

 

Pour la restructuration – reprise d'entreprise en difficulté

En aidant une entreprise à se re-situer sur des marchés porteurs, on favorisera d'avantage l'économie et l'emploi plutôt que de prolonger des entreprises d'une branche en impasse concurrentielle avec des surcapacités et la guerre des prix.

Il vaut mieux aider des dirigeants qui ont du potentiel que des entreprises en impasse concurrentielle. 

Un extrême vigilance s'impose concernant le repreneur. On peut s'étonner que les pouvoirs publics et les tribunaux de commerce n'apportent pas autant de sélectivité des candidats que les cabinets de recrutements ... 

 

Ainsi, les banques devraient faire preuve d'une vigilance accrue car il ne suffit pas que les concours apparaissent cohérents avec la prévision comptable et le plan de restructuration ...  

Dernière mise à jour : 23 July 2004 .

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