L'analyse financière de la situation de l'entreprise

 

 

L'approche bancaire s'est affinée en matière d'appréciation de la situation financière des entreprises. 

Face au risque d'insuffisance de trésorerie que l'entreprise ne peut assumer, la banque a d'abord attaché une importance particulière à la solvabilité de l'entreprise et au risque lié au processus d'exploitation. Ainsi l'entreprise doit disposer d'un "matelas" de sécurité, entre ressources et emplois de même nature, pour faire face à un imprévu (baisse brutale des ventes, impayé, hausse des achats, remous sociaux, etc).

Mais ce concept bancaire, né entre les deux guerres, ne s'est pas révélé suffisant pour appréhender le risque bancaire.

Aussi, les banques ont développé la notion de liquidité  selon un concept relativement proche de la notion de cessation des paiements

 

Il en a résulté l'appréhension de la trésorerie structurelle à travers le rapprochement de 2 agrégats : le fonds de roulement (FR) et de besoin en fonds de roulement (BFR).

Malgré son intérêt, cela restait insuffisant car n'expliquant pas certaines défaillances d'entreprises. Aussi, les banques se sont également intéressées à la mobilisation du compte client à travers la notion de court terme risqué.  

Remarque : nous nous limitons, sur ce site, à évoquer des notions d'analyse financière simples pour souligner que les banques peuvent disposer d'informations précises sur la situation des entreprises. Il est évident que nos expertises et avis techniques vont beaucoup plus loin dans la démonstration.

 

La trésorerie structurelle

Pour la plupart des entreprises, les règlements clients interviennent après les règlements des achats et des charges. Ainsi, les dettes courantes (dettes liées au cycle d'exploitation) sont "insuffisantes" pour couvrir le financement des stocks et des créances courantes. Ce besoin en fonds de roulement doit être couvert par le fonds de roulement qui représente l'excédent  de ressources financières durables (capitaux propres et emprunts durables).

La différence entre le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement représente la trésorerie dont dispose l'entreprise.

Le fonds de roulement (FR) est la différence entre :
- le montant des ressources permanentes de l'entreprise :
     - les capitaux propres (capital et réserves), 
     - les emprunts à moyen et long terme (MT et LT),
     - les comptes courant d'associés stables,
- et la valeur nette des immobilisations (outil de production, agencement et installations).

Il s'agit donc de la partie des ressources financières permanentes disponibles pour financer les besoins autres que les immobilisations et ainsi participer au cycle d'exploitation. Ce FR peut être, bien entendu, positif ou négatif. S'il est négatif, cela peut provenir d'un manque de fonds permanents très pénalisant pour l'entreprise. Dans ce cas, ce sont les fonds nécessaires à l'exploitation (cycle acheter, vendre et produire) qui sont pénalisés et le fonctionnement de l'entreprise en subit généralement des conséquences néfastes.

Le besoin en fonds de roulement (BFR) est la différence entre :
- les besoins engendrés par le cycle d'exploitation :
     - les stocks,
     - le poste client où il convient de distinguer les créances mobilisables et non-mobilisables, 
     - les débiteurs divers (état, personnel et autres),
- et les ressources normales (ne comprenant pas les retards éventuels) apportées par le cycle d'exploitation : 
     - le poste fournisseur,
     - les créditeurs divers.  

 

La notion de court terme risqué

Pour fonctionner, l'entreprise a besoin de concours à court terme (escompte, découvert, crédit de campagne, ...). Pour l'appréciation du risque des mobilisations, la banque suivra la proportion d'effets non payés de l'exercice précédent.  

   

La simple lecture des premières pages des documents comptables annuels
apporte beaucoup d'éléments à la banque sur la situation du dernier exercice et sa comparaison avec le précédent.

Ainsi, la banque peut facilement voir :

Bilan
   
les fonds propres
    l'endettement
    la solvabilité
    la liquidité
    le risque client, …etc.,

Compte de résultat 
   
la croissance et la rentabilité
qui peuvent utilement être complétés par l'examen du tableau des soldes intermédiaires de gestion (chiffre d'affaires, marge brute, valeur ajoutée, excédent brut d'exploitation, … capacité d'autofinancement).

    Les annexes comptables et fiscales complètent ce pouvoir d'information de la banque.  

Une importance particulière doit être apportée à la capacité d'autofinancement (CAF). Ce qui reste de l'excédent brut d'exploitation (EBE) après règlement des charges financières, représente ce que l'entreprise va être capable de consacrer à son autofinancement après les prélèvements pour rémunérer les actionnaires (distribution de dividendes) et les prélèvements personnels pour les entrepreneurs individuels.  

Ce que l'entreprise est capable de consacrer à son autofinancement constitie l'indicateur le plus important pour le gestionnaire et le banquier.  

 Il s'agit alors pour la banque d'effectuer ses diligences selon les principes, devoirs et obligations bancaires. et les usages et les usages et critères bancaires pour limiter le montant des sommes prêtées. 

De plus, les informations financières à la disposition des banques sont nombreuses et précises.

 

La continuité d'exploitation

Il s'agit d'une notion bien connue des commissaires aux comptes qui concerne le suivi d'indicateurs :
- internes des ratios financiers habituels, de structure financière, d'activité (rotation des stocks, délais clients et fournisseurs), rentabilité, l'endettement, ... 
- externes tels que la disparition d'un client important, la rupture d'approvisionnement des fournisseurs essentiels, des procès, des inscriptions de privilèges par certains créanciers, la venue à échéance de certains contrats essentiels, ... etc. 


Ceci permet à la banque de comprendre les faits susceptibles de remettre en cause la continuité de l'exploitation

Remarque : ces éléments d'informations des banques sont largement détallées dans une publication de l'AFB (Association Française des Banques) : Les entreprises en difficultés - pratique bancaire et juridique de Jean-Michel Daunizeau - Banque Editeur.

 

Dans nos avis techniques contre les banques, nous développons également des notions complémentaires très explicites pour les Juges, notamment :

- l'examen croisé de la croissance et la rentabilité qui très simplement démontre les potentialités ou non de l'entreprise,

- la notion de rentabilité des capitaux empruntés qui montre que l'effet de levier de l'endettement supplémentaires peut se transformer en "coup de massue" engendrant des pertes.

- une approche simpliste, utilisée assez souvent par les Présidents des tribunaux de commerce pour déterminer l'éligibilité à la procédure du règlement amiable ou la refuser pour cessation des paiements qui consiste à apprécier la situation active -passive sur la base de l'actif non immobilisé au bilan dont on déduit le passif non financier et les dettes financières à moins d'un an. 

Dernière mise à jour : 25 January 2004 .

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