La rentabilité des capitaux empruntés

 

Selon l'approche traditionnelle bancaire il s'agit de s'assurer que l'effet de l'endettement a un effet bénéfique sur la rentabilité et en conséquence sur la croissance et la structure financière de l'entreprise.

Mais deux notions de rentabilité cohabitent :
1) les banques s'intéressent principalement à la rentabilité économique, qui rapportent les bénéfices d'exploitation aux capitaux mis en œuvre,
2) les actionnaires sont plus attentifs à la rentabilité financière, rapport du résultat net sur les capitaux propres, qui définit la rémunération de leurs apports.

La relation entre ces deux notions dépend du taux d'intérêt supporté et de l'équilibre entre dettes et capitaux propres.

Selon l'approche comptable (à finalité exclusivement légale et fiscale), l'analyse des frais financiers est rapportée au chiffre d'affaires. Cette approche est inutile et même dangereuse. C'est par rapport à l'EBE (excédent brut d'exploitation) qui reflète la rentabilité économique que le poids des frais financiers doit être apprécié.

La méthode de la rentabilité des capitaux investis

Pour comprendre comment évolue la rentabilité en fonction de la structure financière, il faut examiner l'effet de levier de l'amplification que l'endettement apporte dans la constitution de la rentabilité

Ainsi, il faut examiner la rentabilité des capitaux investis : le résultat (EBE) avant frais financiers et impôt qui est répartie selon la nature des capitaux investis (capitaux propres et endettement) en y imputant respectivement les charges spécifiques dont la totalité des frais financiers aux seules dettes. Ainsi, la rentabilité globale de l'entreprise est ventilée selon les résultats engendrés pour les capitaux propres et pour les dettes.  

On en dégage une rentabilité sur les fonds empruntés qu'il convient de rapporter au coût du crédit bancaire et qui se traduit par :

Un effet de levier positif :

- rentabilité des capitaux investis entre le TEG et 1,5 TEG (Taux effectif global) :

à peine suffisant, n’autorise qu’une croissance modeste. On peut cependant assister à une forte croissance avec une très forte amélioration du bénéfice vu la rentabilité des capitaux investis supérieure au coût, mais cela reste dangereux. Le risque croit fortement par l’importance de l’endettement.

- rentabilité des capitaux investis supérieure à % 1,5 TEG

satisfaisant, voire bon  et même très bon si supérieur à 2 TEG, autorise une croissance rapide sans altérer la structure financière.

Un effet de levier négatif (appelé coup de massue) :

- rentabilité des capitaux investis inférieure % TEG

insuffisant, n’autorise aucune croissance (pertes sur les capitaux empruntés si la rentabilité est inférieure aux taux des emprunts). L’effet de levier de l’endettement peut se transformer en coup de massue si les pertes sur les capitaux empruntés deviennent supérieures aux profits sur les capitaux propres, la situation peut rapidement se dégrader. La priorité c’est de relever les marges…

Remarque : dans le cas d'une entreprise en situation irrémédiablement compromise, nous rejoignons la notion de crédit ruineux passible de banqueroute au pénal.

 

Cette approche permet de montrer notamment que même rentable, l'entreprise peut ne pas l’être suffisamment et que l’effet de levier d’un nouveau financement complémentaire se transformerait en "coup de massue" en diminuant la rentabilité.

Si l'entreprise est en difficulté et perd de l'argent, la démonstration de l'effet de levier négatif par les financements qui ne sont pas révoqués ou des prêts complémentaires caractérise le soutien abusif.

 

Dernière mise à jour : 17 February 2004 .

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